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Les registres

Période Ottomane : Série des registres fiscaux et administratifs

Les registres fiscaux et administratifs, au nombre de 4065 registres, constituent avec la série historique le fonds le plus ancien rassemblé et organisé par le "Centre des correspondances de l’Etat" depuis 1874.

Le classement actuel des registres fiscaux et administratifs est à la fois thématique et numérique (seuls quelques registres portent des numéros bis ou ter).

La plupart des registres concernent la période allant de 1672 (registre n°1) à 1881 et reflètent les activités des différentes structures de l’Etat à l’époque moderne, mais quelques registres concernent le début de la période coloniale (1881-1912).

En dépit des contraintes que présentent les registres fiscaux et administratifs, notamment la mauvaise calligraphie, les informations trop concises et lacunaires, les fautes de langue, les registres écrits en caractères hébraïques ou en langue ottomane, leur valeur réside dans le fait qu’ils présentent des informations officielles relatives à différents aspects de la vie sociale, économique et politique de la Tunisie. Le contexte n’est pas propice pour présenter tous les types des registres et la manière d’en tirer profit, seulement nous signalons l’importance des registres fiscaux et notamment les rôles qui nous renseignent sur les rapports de la société avec le pouvoir à travers l’acquittement des impôts qui variaient d’une période à une autre et d’une région avec une autre avant la réforme accomplie par le Bey Ahmed Pacha (1837-1855).

Il est à signaler à ce propos la parution de registres spécifiques aux impôts de la dîme "ouchour" grevant la production céréalière, ainsi que les registres relatifs à l’impôt "lana" sorte de capitation due par les mâles à partir de l’âge de la puberté et instituée en 1856 et dont l’application s’est poursuivie jusqu’au début de l’époque coloniale. Un autre genre de registres fiscaux mérite d’être signalé : il s’agit des registres du "quanoun" impôt grevant les oliviers et les palmiers dattiers.

En ce qui concerne l’aspect administratif, on peut citer les registres relatifs aux différents ministères réorganisés en 1860 et notamment ceux des "maaroudhs". Il s’agit de résumés des affaires de quelque nature qu’elles soient présentées aux différents ministres, au grand Vizir ou au Bey pour prendre les décisions y afférentes. Le nombre des registres s’est multiplié à partir de l’application des réformes constitutionnelles et administratives parues depuis 1857. Ainsi les registres produits depuis 1859 à la fin du XIXe siècle sont au nombre de 2816.

Il va sans dire que les chercheurs et notamment les historiens, ont bien tiré profit des registres fiscaux et administratifs et les ont utilisé pour des études relatives à l’histoire sociale, économique du pays ou pour des monographies concernant des régions ou des tribus. Cette exploitation est rendue aisée au moyen d’un répertoire exhaustif présentant différents index facilitant l’identification des informations.

Les registres fiscaux et administratifs restent, au demeurant, une source inépuisable pour la réalisation d’études relatives à l’histoire moderne de la Tunisie. En outre ils constituent un précieux patrimoine archivistique qui se distingue aussi par son caractère particulier. En effet, il est rare de trouver dans les pays arabes ou autres ayant été des provinces de l’Empire Ottoman un fonds aussi riche et imposant.

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